Dégradations environnementales et évaluation sanitaire 31 janvier 2012

Gilles-Eric Séralini a soutenu une thèse de doctorat en biochimie et biologie moléculaire. Il est aujourd'hui professeur de biologie moléculaire et chercheur à l'Institut de biologie fondamentale et appliquée à l'université de Caen. Il est également co-directeur du Pôle Risques de l'université de Caen et Président du Conseil Scientifique du GRIIGEN (Comité de Recherche et d'Information Indépendantes sur le Génie Génétique). Son axe de recherche est l'étude de l'impact des polluants sur la santé. Il a obtenu l'Ordre du mérite en 2008 pour l'ensemble de sa carrière.

Résumé de la communication

Multiplication de la population, présence de nombreux polluants dans nos corps, modification du climat, de la biodiversité, et du patrimoine héréditaire, création d'organismes internationaux d'études environnementales. Nous sommes dans une période de changements historiques. Malgré tous ces problèmes rencontrés, l'expertise connaît des limites sur les questions environnementales.

Gilles-Eric Seralini montre que les limites de l'expertise ne sont pas dues à quelques personnes corrompues, mais à un défaut structurel du système. En effet, la science et la médecine sont marquées par deux erreurs conceptuelles qui favorisent la manipulation marchande dans le domaine des polluants. La première est celle de l'épidémiologie qui, dans le sillage de la médecine pasteurienne, étudie les pathologies microbiennes. Ces dernières se multiplient rapidement et sur des organes précis. Les symptômes sont donc aisément constatables. Mais les substances chimiques entraînent des pathologies non microbiennes. Cela signifie que les effets sont diffus, combinés et qu'ils s'observent sur le long terme. La deuxième erreur conceptuelle concerne la toxicologie. Le présupposé de cette science est que tout ce qui n'est pas toxique à court terme, qui n'a pas un effet proportionnel à la dose, n'existe pas en tant que problème chronique. Pourtant, c'est le cas des polluants chimiques et des OGM.

Ainsi, les experts qui évaluent la dangerosité des produits chimiques se basent sur les deux erreurs conceptuelles portées par l'épidémiologie et la toxicologie, facilitant ainsi la marchandisation de ces produits.

Mathilde Heinrich

 

 




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