Ce que nous disent les cartes postales 4 juin 2009

Depuis une recherche contractuelle sur le Mont Saint-Michel et mes travaux de thèse, je m'intéresse à l'interaction entre les images et les représentations du territoire. Comment les stratégies ou les tactiques visuelles de producteurs d'images (architectes, artistes, publicitaires, éditeurs de cartes postales) rencontrent-elles ou reflètent des aspirations sociales, culturelles ou de genre ? Depuis un an et demi, je réfléchis sur le « régional érotique », c'est-à dire la relation entre une mise en scène du corps érotisé, la plupart du temps féminin et des éléments se rapportant à ce qui est perçu ou construit comme « l'identité régionale », à travers un support, les cartes postales. Les résultats de l'enquête sont à la fois surprenants et riches d'enseignements. Certains points de vente réalisent un chiffre d'affaire relativement élevé avec ce type de produit, qui une fois réceptionné recompose des géographies personnelles au sein d'espaces privés ou semi-publics (cafés, bureaux, vestiaires). Certaines cartes postales, dégradantes ou « vulgaires », mais intégrées au sein de récits régionalisés et rendues « drôles » se vendent très bien, témoignant selon moi d'une résistance recomposée et différenciée de la domination masculine pour reprendre les mots de Pierre Bourdieu. Autre enseignement : du point de vue des cartes postales « régionales érotiques », Deauville est la seule « ville du désir » en Basse-Normandie. J'ai présenté ce travail au colloque « Gender and Society: Explorations, Discoveries, and Revelations in a Gendered World » en octobre 2008, colloque organisé par Grand Valley State University à Grand Rapids (Michigan).

Stéphane Valognes

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